Note d’intention

Comment remonter cette pièce mythique des années soixante, encore nimbée de son parfum de scandale, dont la création à Palerme en 1965, avec Cathy Berberian, avait alors propulsé Sylvano Bussotti sur le devant de la scène européenne ?

pss_partition_p16

Nous nous sommes donc plongés dans cette partition aussi étrange que mystérieuse. D’abord, nous sommes bien dans le mystère de chambre que promet le sous-titre de cette Passion, un mystère développé en une trentaine de numéros, au graphisme délirant et aux possibilités multiples. Ensuite, il faut s’y trouver un chemin, inventer soi-même son interprétation, imaginer comment résoudre ces énigmes.

Il faut aussi s’interroger sur la manière de mettre en scène cette partition. Car si Bussotti en est le compositeur, il en a été aussi le metteur en scène, le costumier, décorateur et luminariste. Ironie des didascalies, il suggère même que l’auteur est seul à même de monter cette pièce, ce qui n’en fait pas le moindre des paris à relever.

Un demi siècle nous sépare de la création, les codes de la mise en scène d’opéra auxquels La Passion selon Sade faisait référence pour mieux les contester ont été eux aussi bouleversés… C’est donc avec cette idée de retrouver les origines d’une œuvre et de la rendre à notre époque que nous abordons ce projet.

Antoine Gindt